Les adivasi (« aborigènes ») des états de l’Est de l’Inde sont notamment réputés pour la fabrication d’instruments de musique à cordes frottées tels que ceux présentés ci-contre. Si les Baul du Bengale et les Bodo de l’Assam en sont de remarquables artisans, l’ethnie la plus fameuse pour cet art demeure néanmoins celle des Santal. Elle se répartit sur le Bihâr, l’Orissa et le Bengale. Connus sous le nom de « Banam » qui signifie « instrument » en Santali, ces pièces sont constituées d’un corps de bois dans la partie inférieure duquel est creusée une caisse de résonnance elle-même recouverte d’une peau animale (chèvre, serpent…). Sont ensuite tendues des cordes (de une à quatre) à l’aide de chevilles fixées sur la partie supérieure de l’instrument, cordes tenues à distance de la peau par un petit chevalet à la façon de ceux qui agrémentent les mandolines. Tenus à la verticale par le chanteur qui s’en accompagne, ces Banam sont joués à l’aide d’archets comme le sont les sarangis. Il faut noter que les bardes occupent un rang très élevé dans la société Santal et que leurs instruments en deviennent par transitivité des objets hautement respectés. D’un point de vue iconographique il apparaît immédiatement que le motif décoratif le plus présent sur ces banam est sans aucun doute anthropomorphe et féminin. Cette vérité résulte d’une fameuse légende Santal qui peut faire frémir… Dans la tradition locale, lorsqu’un homme souhaitait épouser une femme, il devait, pour prouver la sincérité de son amour, servir la famille de cette dernière pendant trois ans, vivant sous son toit et réalisant les tâches les plus éreintantes. Cette légende traite donc d’un jeune homme qui avait rejoint la famille de sa douce dans le but de l’épouser. Cette dernière vivait avec ses cinq sœurs et leur père. Alors que la pluie n’était pas tombée pendant deux longues années et qu’une douloureuse famine en avait résulté, le père eut en rêve la révélation que la pluie reviendrait s’il offrait aux dieux une vie humaine. Fort de cette certitude, à la nuit tombée, il emmena son futur gendre au cœur d’une forêt et le mit à mort. La pluie ne revint pas mais au dessus de la dépouille enterrée du pauvre jeune homme un arbre poussa. Dans le bois de cet arbre fut sculpté le premier Banam au son duquel la voix du sacrifié put alors à nouveau s’exprimer… La proximité sonore entre le banam et la voix humaine a sans doute pesé dans l’invention d’une telle légende…
The adivasi (« aboriginal ») populating Eastern India are notably known for their violin-type musical instruments as shown on the left. If Baul of Bengale and Bodo of Assam should not be forgotten, the Santal tribe, located in West Bengal, Bihar and Orissa has produced most of the pieces displayed in the nowadays collections. Known as “banam” which means “instrument” in Santali language, these artefacts are carved in a single piece of wood to which animal skin (goat, snake…) and strings are added. Played vertically with a bow like a sarangi, these instruments are very respected by Santal people as well as the musicians who use them to accompany their songs. From an iconographical point of view it appears that the main subject represented on these pieces consists in single or groups of women, the reason for this originating from a famous Santali legend. In the local tradition, when a man wanted to marry a woman, to show the depth his love, he had to spend three years in her family, working as a servant. This legend deals with such a young man who was staying in his beloved house with her father and her five sisters, waiting for their marriage to happen. These were days of desolation and hunger as no rain had fallen for more than a whole year. One day, the father dreamt that only a human sacrifice could bring back the rain. So, on the next night he took the young man to the neighbouring forest and murdered him. The expected miracle didn’t happen but above the buried victim a huge tree grew and, from the wood of this tree, Santal people made the first banam. The legend says that, through the sound of every banam, this poor man is singing his despair…
Four Banam from Santal tribe:
Sarinda Bodo tribe Assam
Lute
Baul tribe
West Bengal
Indian states
where these
instruments
are fabricated
All the displayed banam are part of the Indian Heritage collection
Home
Sacred Art
Masks
Miscellaneous
Contact
New Acquisitions
Phulkari
Banam
Bhuta
Links